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Interview d’Atelier Maelström : « Expliquer, transmettre est un vrai métier ! »

L'atelier de Mathilde

Bonjour, merci d’avoir accepté notre interview ! Tout d’abord, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours en dehors et dans le monde de la couture ? Comment en es-tu venue à réaliser et vendre tes propres patrons ?

Bonjour ! Pour commencer, je m’appelle Mathilde, j’ai 27 ans et je suis originaire de Lyon, cette ville magnifique où les soyeux ont marqué l’histoire du textile. C’est ici que j’ai étudié durant 3 ans à ESMOD, me formant au double diplôme de styliste/modéliste dans le secteur prêt-à-porter féminin haut de gamme.

Au sortir de mes études, je décide de découvrir un secteur tout autre, la lingerie ! Et c’est chez Maison Lejaby (marque de lingerie et balnéaire haut de gamme), que j’apprends le métier de la lingerie durant 5 ans. Les dentelles de Calais, les broderies et les guipures Suisses et Autrichiennes flirtaient avec mon quotidien. En 2018, je décide de changer de secteur et de découvrir un monde inconnu jusqu’à présent : la maroquinerie de luxe. Je trouve cette expérience enrichissante, un recommencement à zéro, l’apprentissage d’un nouveau métier. La vie est trop courte pour rester dans une routine quotidienne non ? Mais une chose me manquait au quotidien : le travail de modéliste. Voila comment j’en suis venue à proposer mes propres patrons.

La création de patrons/tutoriels est-elle ton activité principale ?

Non, ce n’est pas mon activité principale, c’est plutôt ce que je qualifierais de passe temps prenant Pour moi, l’essentiel est de pouvoir partager ma passion avec d’autres passionné(e)s qui n’ont pas eu la chance d’étudier les méthodes de patronage. Les revenus de mes ventes servent à m’acheter de nouveaux tissus pour photographier de nouvelles créations

D’où vient ton nom de créatrice « Atelier Maelström » ?

Le nom Atelier Maelström vient de ma collection de fin d’étude. Je travaillais autour des océans, de leurs richesses, de l’onirisme que ceux-ci peuvent cacher. Mais savez vous d’ailleurs ce qu’est un maelström ? Pour la petite définition, un maelström est un courant marin formant un tourbillon, engloutissant les bateaux des pirates dans les profondeurs ! Un peu comme quand on vide sa baignoire et qu’on redoute de se faire aspirer !

Patron de couture robe paresse
Patron de la robe « Paresse » par Atelier Maelström

Comment t’organises-tu pour réaliser un patron ? Où trouves-tu l’inspiration ?

Pour réaliser un patron, toujours le même schéma :

1/ L’idée naît toujours d’une frustration que beaucoup de femmes connaissent : ne pas trouver dans le commerce la pièce vestimentaire qui leur correspond ! J’échange aussi avec ma meilleure amie indienne, qui a fait la même école que moi. Je communique avec elle en crayonnant mes idées sur papier, j’épingle des chutes de tissus, et des détails vus sur des tableaux, ou des défilés. Une sorte de page d’ambiance qui nous parle beaucoup plus que des mots. De ces échanges naissent d’autres idées. Un brainstorming passionnant.

2/ Puis vient le moment de faire une toile, de revoir les proportions/longueurs/volumes, et de chercher des finitions originales.

3/ Une fois le patron finalisé, quelques heures de récréation s’offrent à moi : il faut réaliser le vêtement rêvé dans un joli tissu ! Un régal !

4/ Je m’atèle ensuite au dossier explicatif. C’est un moment clé qui prend beaucoup de temps. Il faut penser à chaque détail, chaque astuce, pour que la couturière qui l’achètera puisse réaliser sans souci le vêtement. Ce n’est pas une mince affaire ! Faire c’est facile, mais expliquer, transmettre est un vrai métier ! Pas de place à l’approximation ou au flou artistique.

5/ Enfin, je soumets mon patron à plusieurs testeuses, allant de la taille 34 à 46. J’attends beaucoup de leurs retours, diverses remarques concernant aussi bien le look du vêtement, le fit, les explications du livret, les suggestions d’autres variantes, ou parfois les coquilles (oui cela arrive …).

Comment organises-tu ton temps entre la création de patrons et les tâches attenantes liés à la gestion d’une petite structure (communication, compta, relations clients, blog, réseaux sociaux…) ?

Pas simple d’être multi casquettes ! Nous avons tous nos points forts et points faibles. Je pense consacrer 80% de mon temps à la recherche et à la création, et les 20% restants aux taches annexes.

Quelles sont les tâches qui te mettent le plus au défi ? As-tu de l’aide ?

Le moins fun pour moi, c’est la partie qui concerne la numérisation des patrons. Heureusement que ma meilleure amie adore cela ! Nous sommes très complémentaires.

Comment décrirais-tu ton style ?

Voici comment je qualifierais l’ADN d’Atelier Maelström : Les patrons s’adressent à une femme féminine, qui aime les jolis détails et les finitions originales.

Patron de couture robe Envie
Patron de la robe « Envie » par Atelier Maelström

Quel est l’aspect que tu préfères dans ton activité créative ?

Ce que je préfère dans le développement des patrons, c’est le moment où je les soumets à un échantillon de testeuses. C’est un moment passionnant, qui permet d’échanger et de recevoir des critiques constructives visant à améliorer le dessin initial. Faire un patron qui nous plaît est une chose facile, mais la finalité est qu’il plaise au plus grand nombre, et l’échange avec mes testeuses est un moment crucial pour le bon développement du modèle.

Aurais-tu des conseils pour quelqu’un qui, comme toi, aimerait se lancer ? Des ressources qui t’inspirent, qui t’ont aidée (livres, blogs, personnalités…) ?

Même sans avoir eu la chance de faire une école de couture, tout le monde peut se former et se lancer ! Le modélisme s’apprend en pratiquant. C’est en lisant des livres techniques, en essayant, et en se trompant que l’on finit par comprendre comment un patron en 2D peut se transformer en vêtement 3D.

Et pour finir, quels sont tes prochains projets ?

Je travaille actuellement autour des 7 péchés capitaux. Chaque patron correspond à un péché de la couturière.

Paresse s’adresse à une couturière un peu feignante, qui veut coudre sans trop se casser la tête. Une couture rapide facile et sans besoin de savoir maîtriser de grandes finitions.

Envie s’adresse à une couturière un peu jalouse et envieuse. Qui veut elle aussi bluffer ses copines couturières en ayant simplement un niveau intermédiaire.

Le prochain patron sera Gourmandise, ou Colère, à vous de deviner qui il visera

Découvrir Atelier Maelström
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