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10 astuces de couture pour débutants et confirmés

Incroyable, mais vrai : on ne les connaissait pas encore, mais nous avons dégoté spécialement pour vous 10 nouveaux trucs et astuces de couture pour se simplifier la vie. Nous n’avions qu’une hâte, les partager avec vous : 1, 2, 3 c’est parti !

1. Domptez les tissus récalcitrants avec du ruban adhésif

10 astuces de couture - ruban adhésif

Si vous souhaitez coudre des tissus dits « difficiles » comme la toile cirée et que vous voulez éviter l’achat d’un pied de biche spécial et bien souvent coûteux, nous avons une alternative bon marché pour vous. Il suffit pour cela de vous munir d’un petit morceau de ruban adhésif et de venir le coller sous le pied de biche de votre machine. Vous pourrez alors glisser le long de votre tissu sans accroc, aussi récalcitrant soit-il !

2. Fabriquez du ruban biais avec un cutter

10 astuces de couture - ruban biais cutter

Vous souhaitez obtenir du ruban biais à partir d’un tissu bien précis ? Nul besoin de vous ruiner, vous pouvez en fabriquer vous même avec un vieux cutter. Pour cela, emparez-vous de votre étoffe préférée, et coupez-en une bande de la largeur que vous souhaitez : de notre côté, nous avons choisi d’utiliser la lame du cutter comme repère.

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Retournez les bords extérieurs vers le centre sans qu’ils se chevauchent (voir photo). L’endroit du tissu doit être à l’extérieur. A présent, faites glisser la bande à l’intérieur du manche, côté fermé vers le bas.

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Lorsque le ruban biais sort par l’autre bout, vous pouvez le repasser directement. Il gardera ainsi sa forme !

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3. Transformez un range sacs-plastiques en range-bobines

10 astuces de couture - range sacs plastiques range bobine

Tandis que les sacs plastiques commencent peu à peu à disparaître de notre quotidien, il faut bien donner une seconde vie à ces articles aussi pratiques que disgracieux que sont les range-sacs ! Vous en avez probablement déjà un chez vous, et si ce n’est pas le cas, il y a très certainement quelqu’un dans votre entourage désireux de s’en débarrasser… Glissez vos bobines de fil à l’intérieur, et vous obtiendrez un présentoir original et pratique !

4. De la quincaillerie au coin couture : réalisez des poids de couture girly

10 astuces de couture - poids couture

Lors de votre prochain passage au magasin de bricolage, faites un petit tour au rayon quincaillerie. En effet, au milieu des clous, des vis et autres, vous trouverez également des rondelles de bricolage. Ces bouts de ferraille aux airs de donuts métalliques sont parfaits pour maintenir en place vos patrons de couture lorsque vous coupez votre tissu. Comment les rendre un peu plus jolies ? On vous explique tout ici :

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Il vous suffit de vous saisir d’un peu de ruban et de l’enrouler autour du disque. Une fois ce dernier bien emballé, faites tenir le tout avec un peu de colle et le tour est joué !

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5. Affûtez votre couteau rotatif avec du papier d’aluminium

10 astuces de couture - affuter couteau rotatif papier d'alluminium

Votre couteau rotatif est un peu mou de la rondelle ? Avant de jeter vos lames, essayez plutôt cette astuce : pliez un morceau de papier d’alu’ (de format A4 environ) en plusieurs fois, puis effectuez quelques aller-retours sur ce dernier avec la lame du couteau en lacérant la feuille. Votre couteau rotatif retrouvera un second souffle !

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6. Recyclage : un distributeur de ruban à partir d’une boîte de bonbons

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Un ruban mal rangé peut souvent vous coûter cher ! Un simple geste maladroit et on se retrouve vite avec 2 mètres de ruban dans chaque main. Il est pourtant possible d’éviter cela. Pour ce faire, vous avez besoin de quelques boîtes de bonbons vides (comme celles sur la photo). Afin d’y faire tenir tout votre rouleau de ruban, il vaut mieux choisir la version grand format.

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Pour vous y retrouver, il est préférable d’utiliser des boites transparentes, même si nous avons également utilisé un contenant orange. Après avoir vidé le contenu du paquet (dans un bol ou votre estomac, au choix), décollez le couvercle avec précaution et enfilez-y votre rouleau de ruban.

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Faites ensuite passer ce dernier à travers l’ouverture du couvercle avant de fermer la boîte. Votre distributeur est prêt !

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7. Une cure de jouvence au vinaigre pour votre tapis de découpe

10 astuces de couture - nettoyer tapis de découpe vinaigre

Le tapis de découpe fait partie des ustensiles de couture dont les soins sont souvent négligés. Pourtant, il est facile de les nettoyer et d’en gommer la plupart des traces de coupure et d’égratignures. Vous avez pour cela seulement besoin d’eau, d’un peu de liquide vaisselle et du remède miracle : le vinaigre. Si vous avez une baignoire, vous pouvez y faire trempler le tapis – sinon tout grand récipient fera l’affaire ! Mélangez de l’eau froide et du vinaigre (Environ 4cl de vinaigre pour 15 litres d’eau). Laissez-le tremper dans la solution pendant environ 20 minutes. Ajoutez maintenant du liquide vaisselle et frottez le avec une brosse douce (une vieille brosse à dents, par exemple). Sortez-le ensuite de l’eau et tamponnez-le avec une serviette ou bien laissez-le sécher à l’air libre.

8. Deux crayons pour une marge de couture parfaite

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Prenez deux crayons de même taille, (ou amenez les mines à la même hauteur), enroulez-les ensemble avec un peu de ruban adhésif. Vous pouvez à présent tracer une marge de couture uniforme en toute circonstance. La plupart des crayons issus du commerce permettent d’obtenir un écart d’environ 1 cm, et il n’y a pas de quoi s’inquiéter si vous obtenez un peu plus ou un peu moins !

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9. Pratique et chic : un plateau magnétique pour vos aiguilles

10 astuces de couture - plateau magnétique aiguilles

Afin de ranger vos aiguilles et épingles d’une façon particulièrement chic, vous pouvez utiliser une jolie assiette, ou tout autre ustensile adapté. Vous avez seulement besoin d’aimants à coudre (disponibles en mercerie) et d’un peu de colle universelle.

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Appliquez un peu de colle sur les aimants puis placez-les l’arrière de l’assiette. Laissez sécher, votre plateau est prêt ! Mettez-y, autant d’aiguilles que vous le souhaitez, elles resteront bien maintenues grâce aux aimants.

10. Une règle à repasser pour réussir tous vos ourlets

10 astuces de couture - règle à repasser pour réussir vos ourlets

Bien repassé est à moitié cousu ! Voici un adage vous permettra de réussir tous vos ourlets. Et pour bien préparer vos tissus, vous pouvez fabriquer vous-même votre règle à repasser. Pour cela, vous avez seulement besoin d’un crayon, d’une règle ou d’un mètre, et d’un bout de carton. Tracez des lignes espacées d’1 centimètre le long de la bande de carton et obtenez ainsi les repères pour placer votre tissu avant le repassage !

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Maintenant que vous savez tout, il ne vous reste plus qu’à mettre en pratique ces conseils qui simplifient la vie et rendent la couture plus fun ! Vous aimeriez partager vos propres trucs et astuces ? Dites le nous en commentaire !

⬇️ Et faites le plein d’idées déco avec notre sélection de tutoriels ⬇️

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Le prix de la mode #fashionrevolution #imademyclothes

Si vous avez déjà cousu, tricoté ou crocheté vos propres vêtements, vous savez sûrement déjà qu’il y a un problème dans l’industrie de la mode. Vous savez depuis longtemps que le temps et l’argent investis dans une pièce (coût du tissu, de la laine, du matériel) sont non négligeables. Vous savez donc que rien que le coût des matières premières est beaucoup plus élevé que le prix de produits similaires que l’on trouve en magasin. Sans prendre en compte les heures passées à la conception des vêtements !

En plus de savoir que vous n’aimerez jamais autant un vêtement acheté en magasin qu’un vêtement que vous avez fait vous-même, vous savez aussi d’instinct que ce n’est pas normal de trouver en magasin des t-shirts à 3€.

La couture, le tricot et le crochet peuvent être des passe-temps, mais pour certains, c’est bien plus que ça : ce sont les armes d’un mouvement. Le mouvement des Makers – de make, créer en anglais – englobe tous les artisans qui, en plus de profiter de leur art pour exprimer leur créativité, mettent un point d’honneur à suivre des principes essentiels au respect de l’environnement et des droits de l’homme. Ils sont alors regroupés sous le terme de slow-fashion ou green fashion en opposition à la Fast Fashion. La mode est donc redevenue politique, et le porte drapeau de ses revendications est le mouvement de la #FashionRevolution. Nous voulons vous en dire plus sur ce mouvement tout en sollicitant votre aide pour améliorer sa visibilité et montrer votre soutien au Mouvement des Makers. Comment ? En postant des photos de vous avec vos tenues fait-main préférées et avec les hashtag #fashion revolution #imademyclothes #makeristrevolution.

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À PROPOS DE LA FASHION REVOLUTION

Ce mouvement est né à la suite de l’effondrement de l’usine Rana Plaza à Dacca au Bangladesh, le 24 Avril 2013. Quand l’immeuble s’est effondré et a causé la mort de plus de 1 130 employés de l’industrie de la mode et blessé plus de 2 500 autres employés, un cri de rage mondial s’est élevé, visant à dénoncer des conditions de travail inacceptables pratiquées dans l’industrie de la mode. Plus tard, c’est l’impact incroyablement néfaste de cette industrie sur l’environnement qui fut la cause de revendications. En étant actif sur les réseaux sociaux, vous avez probablement vu des postes faisant partie de leur campagne #whomademyclothes (qui a fait mes vêtements). Depuis le début de cette campagne, il y a eu plus de 500 000 publications avec ce hashtag. L’idée était d’utiliser le pouvoir des consommateurs à travers le monde pour faire pression sur l’industrie de la mode et obtenir plus de transparence de la part de ses entreprises. Quelques marques ont alors répondu, en montrant leurs employés portant la pancarte #imadeyourclothes.

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Le campagne de passage au vert de l’industrie de la mode de Greenpeace souligne en particulier le coût environnemental de l’industrie de la mode et a déjà eu quelques succès – il indiquait avoir le support de plus de 500 000 consommateurs et ont suffisamment fait pression pour obtenir de 20 entreprises mondiales, y compris Zara et Adidas, de s’engager à rendre leurs vêtements respectueux de l’environnement.

LE COȖT DE LA FAST-FASHION

Vous avez sûrement déjà entendu le terme “Fast-fashion” ses dernières années, ce terme utilisé pour décrire l’accélération de l’industrie de la mode. Cela commença dans les années 1980, quand les tenues des défilés ont débuté à être reproduites en masse. Mais cette accélération a pris un tout autre tournant dans les années 2000 avec la mondialisation. En délocalisant dans des pays aux coûts de production et aux salaires plus bas, aux réglementations plus souples et avec une protection des ouvriers et de l’environnement quasi inexistante, l’industrie de la mode a été capable de produire des vêtements à prix très bas – permettant et encourageant alors le consommateur à acheter plus.

L’industrie de la mode est estimée à plus de 3000 milliards d’euros et “a dépassé les estimations du marché ainsi que le profit d’autres secteurs sur tous les continents pendant plus d’une décennie – et même plus profitable que les secteurs à forte croissance de la technologie et des télécommunications” (mckinsey 2015). Donc c’est une vraie réussite d’un point de vue purement pécunier, mais à quel prix ? Nous nous devons de prioriser des pratiques éthiques et respectueuses de l’environnement.

Le rapport de Greenpeace indique qu’en moyenne une personne achète 60% plus de vêtements aujourd’hui et les garde deux fois moins longtemps qu’il y a 15 ans. Il fut un temps, les marques sortaient deux collections par an, mais aujourd’hui certaines sortent des collections toutes les deux semaines pour ainsi créer un besoin de consommation artificiel et accéléré. Des journalistes danois ont découvert qu’à cause de cette accélération des cycles des collections, H&M a incinéré plus de 12 tonnes de vêtements neufs depuis 2013, au Danemark uniquement.

La planète paie le prix de notre utilisation d’électricité, de notre consommation d’eau mais aussi…de nos vêtements en polyester.

Le mouvement de la Fashion Revolution veut ralentir la cadence de l’industrie de la mode en  priorisant 3 points : le modèle, les matériaux et la mentalité. Ce mouvement continuera à “œuvrer pour un futur où la mode sera une industrie mettant le respect de l’environnement, les droits de l’homme, et la créativité au même niveau que la recherche du profit”.

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CE QUE L’ON PEUT FAIRE

Derrière la mentalité de l’industrie de la Fast Fashion, il y a cette idée que changer de vêtements et de style le plus souvent possible est une expression de notre créativité. Montrons leur donc un monde où réaliser ses propres vêtements est une expression encore plus forte de notre créativité !

Téléchargez le PDF “I MADE MY CLOTHES”, prenez vous en photo avec votre tenue fait-main préférée, et montrez la au monde entier en les partageant sur vos réseaux sociaux en utilisant les hashtags #imademyclothes #fashionrevolution #makeristrevolution.

Nous créerons alors un album photo avec toutes vos photos et nous les partagerons sur tous nos réseaux sociaux ! Vous pouvez directement nous envoyer vos photos par message privée sur Facebook. La personne ayant le plus de like sur sa photo le 29 avril aura l’occasion de nous parler des raisons qui l’ont amené à se passionner pour le DIY lors d’une interview pour notre blog !

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EN SAVOIR PLUS ?

Voici deux sources, que nous pouvons vous recommander pour en savori plus sur la Fast Fashion, la Fashion Revolution et les enjeux contemporains ( en anglais ):

– The Fashion Revolution White Paper – que vous pouvez trouver ici.

– Greenpeace’s Detox My Fashion Campaign – Timeout for Fast Fashion – que vous pouvez trouver ici.

Interview de ChezPauline « J’aime jouer avec les matières, les couleurs et dérouter les Tops Models que vous êtes ! »

Bonjour, merci d’avoir accepté notre interview ! Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours en dehors et dans le monde de la création ?

Bonjour Makerist ! Je suis Pauline, créatrice de la marque d’accessoires de mode à nouer Chez Pauline.

Petite, j’étais accolée à la machine à coudre de ma grand-mère. Elle m’a donnée le goût de la couture, les connaissances en matière de patronage et de mercerie ainsi que l’importance du travail bien fait. Ma mère, sa fille, m’a appris à toucher les tissus, leurs noms ainsi que le porté final sur chaque morphologie. C’est à 18 ans qu’elle m’offre ma première machine à coudre Singer ! Je suis en fait complètement autodidacte, ma grand-mère n’a pas été là suffisamment de temps pour me transmettre son savoir… Je lis des livres, des tutos et je tente de coudre de différentes manières afin de m’exercer.

J’aurai rêvé devenir la costumière de Philippe Decouflé….l’avenir scolaire en a décidé autrement. Après un bac général et un Master 2 Gestion, Patrimoine et Tourisme, j’ai travaillé plusieurs années dans différents musées français tout en ayant la couture pour passion. Finalement, cette passion a pris de plus en plus de place quand mon compagnon m’a offert mon premier mannequin de couture à l’âge de 22 ans.

Dorénavant adulte, j’ai décidé de créer mille et une merveilles pour égayer votre tenue du quotidien ou d’un événement particulier. J’aime jouer avec les matières, les couleurs et dérouter les Tops Models que vous êtes ! C’est ainsi qu’en parallèle de mon travail en tant que responsable communication et événements j’ai créé en 2016 Chez Pauline, une boutique d’accessoires à nouer fait main. Je couds des nœuds papillons, des bandeaux pour les cheveux, des cols Claudine, des barrettes et pleins d’autres accessoires.

Mon but est de créer avec vous la pièce unique avec laquelle vous repartirez.

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La création est-elle votre activité principale ?

C’est le nœud papillon ! Masculin, féminin ou pour enfant, à nouer, avec des formes et des matières différentes…j’adore coudre des nœuds papillons ! Le nœud papillon est devenu l’emblème de Chez Pauline. D’ailleurs, il a été labellisé « fabriqué à Paris » par la Ville de Paris en 2017.

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Comment vous organisez-vous pour réaliser un accessoire ? Quelles sont les étapes que vous suivez ?

Après avoir échangé avec mon client sur sa commande, ses choix de tissus, de motifs et de couleurs, je réalise mon patronage. S’ensuit la découpe, puis une partie est réalisée à la machine et toutes les créations sont finies à la main. J’y attache une grande importance !

 

Comment organisez-vous votre temps entre la création et les tâches attenantes liées à la gestion d’une petite structure (communication, compta, relations clients, blog, réseaux sociaux…)?

Depuis que j’ai quitté en début d’année mon précédent emploi et que je suis à 100% sur Chez Pauline j’ai à cœur de vraiment m’écouter. Il est important pour moi que je sois toujours motivée pour réaliser toutes les commandes. L’administration ne me fait pas peur et nous sommes prévenus quand on lance une entreprise que cela va de pair avec le montage du projet. J’essaye souvent de faire toutes les tâches dites « ingrates » en début de semaine afin de vraiment prendre plaisir à effectuer les autres durant la semaine. C’est un peu comme quand je mange un plat, je mange ce que j’aime moins au début pour finir avec le meilleur !

Je coupe, couds et repasse durant la journée quand la lumière est bien présente pour ne pas fatiguer mes yeux. De même pour les photos de mes produits qui sont toujours plus jolies avec une belle lumière. Le soir quand je ne suis pas en rendez-vous clients, je suis plutôt sur l’organisation de mes réseaux sociaux et des différents retours de mail pour mes clients.

 

Quelles sont les tâches qui vous mettent le plus au défi ? Avez-vous de l’aide ?

Je n’ai aucune aide ! Je suis toute seule dans ma petite entreprise et à la fois c’est difficile des jours mais c’est très challengeant. Les tâches qui me mettent le plus au défi sont les commandes ou bien les pièces de noeuds papillons « couture ». Je réalise certains nœuds papillons avec des perles, des plumes, de la dentelle et c’est un vrai défi de les manifier à travers une petite pièce tel que le nœud pap’.

 

 Où puisez-vous l’inspiration pour vos créations ?

J’adore le vintage et les anciennes collection haute couture. J’ai plusieurs livres que je feuillète régulièrement et je regarde aussi beaucoup de livres, séries anciennes. Je pense que c’est une de mes principales sources d’inspiration. Ensuite je suis toujours ébahie devant les spectacles de Philippe Decouflé. Son costumier m’inspire beaucoup notamment pour moderniser les nœuds papillons ! C’est ainsi que j’ai créé le nœud papillon en fil de laiton coloré et le nœud papillon en carton et tissu.

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 Quel est l’aspect que vous préférez dans votre activité créative ?

La rencontre avec les clients et ma relation avec eux !

Au début j’adore connaitre, comprendre leur projet, leurs envies, et les challenger. Le mieux : recevoir leurs messages dans lesquels il demandent où en est la création comme des enfants qui attendent leur cadeau de noël et découvrir lors de la livraison leurs yeux heureux et émerveillés face au projet concrétisé.

 

Auriez-vous des conseils pour quelqu’un qui, comme vous, aimerait se lancer ? Des ressources qui vous inspirent, qui vous ont aidé (livres, blogs, personnalités…) ?

Tout d’abord je dirais qu’on apprend beaucoup en se trompant donc qu’il ne faut pas avoir peur, s’énerver ou perdre espoir en voyant que le projet ne se concrétise pas d’un coup.

On devient un véritable Super Héros quand on se lance dans sa propre boîte. En plus d’être couturière je suis : chef d’entreprise, comptable, responsable marketing, photographe, community manager, et bien d’autres fonctions encore. C’est un plaisir de découvrir tout ça et aussi de développer toutes ces facettes inconnues de moi.

Je suis la page FB « Les Entrepreneuses qui déchirent » qui m’aide beaucoup à répondre à mes questions, mes doutes, à découvrir d’autres créatrices et d’autres chefs d’entreprises dans plein de domaines différents !

 

Et pour finir, quels sont vos projets à venir ?

La première semaine d’avril j’organise avec ma co-pilote Alice de la marque Le Chat et L’Aiguille un pop-up éphémère de créateurs sur Paris dans le 10e arr. Nous réunissons 13 créateurs venus de différents milieux pour mettre en avant le savoir-faire français ! Nous aurons une créatrice de thés, de confitures, de madeleines, de vêtements brodés et en coton bio, de mobilier en carton, de sac-à-dos qui se transforment en bureaux, une taxidermiste, une artisane de savon et une autre de bougie et enfin une sélectionneuse de la barbotine colorée. Nous avons d’ores et déjà une bonne ambiance dans notre équipe et si le soleil honore son rdv nous allons passer une belle semaine de créations !

En parallèle, j’ai plusieurs commandes de mariage à préparer, des projets de cours de couture dont je ne peux parler actuellement et je suis aussi en train de créer la collection hiver qui aura un nouvel accessoire à sa sortie : les bretelles !

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Voir ses modèles

Tricot : La base !

Hey vous, oui vous ! Vous cherchez un nouveau passe-temps, créatif et thérapeutique ( en plus d’être très utile ) ? Vous êtes intéressé(e) par le tricot mais ne savez pas par où commencer ? Ne vous inquiétez plus ! Voici 4 tutoriels vidéo pour apprendre les premières techniques de tricot et finalement vous lancer dans ce nouvel art ( en moins de 10 minutes )!

Découvrir l'article d'Elodie sur comment aiguiser ses ciseaux de couture

Notre top 3 des machines à coudre !

Que votre machine à coudre vous ait récemment abandonné(e) ou que vous souhaitiez simplement vous faire un petit cadeau, le choix d’une machine de qualité se révèle parfois plus compliqué que prévu ! Face à une panoplie de produits disponibles sur le marché, nous vous proposons, en collaboration avec Selectos.eu, le top 3 des machines à coudre du moment !


Brother CS10VM1 : pour les petits budgets

La Brother CS10VM1 est un incontournable dans le monde des machines à coudre. Elle conviendra plutôt aux amateurs et aux débutants. Principalement fabriquée en plastique et en aluminium, ces matériaux peu nobles ont l’avantage d’être légers et de rendre cette machine facilement transportable. Le kit complet inclut 7 pieds (boutonnière, bouton, point de surjet, point invisible, monogramme, fermeture éclair et point zigzag). Autotal, ce ne sont pas moins de 40 différents points qui sont disponibles. Les accessoires fournis, malgré son petit prix, sont également appréciables : un lot d’aiguilles, une housse de protection, quelques pièces de rechange et un outillage de base. De quoi pouvoir s’y mettre tout de suite après achat.

Gardez cependant en tête qu’elle n’est pas adaptée à toutes les épaisseurs de tissu : un ourlet de jean, c’est un peu sa limite. C’est dû notamment à son faible voltage, qui la rend plus silencieuse, mais limite son utilisation aux matériaux fins comme le coton et le synthétique.


Singer 8770 : la référence du milieu de gamme

Singer 8770

Pour un budget un poil plus conséquent, la Singer 8770 est clairement la meilleure milieu de gamme avec un rapport qualité/prix imbattable. Sa grande force ? Plus de 200 types de couture possibles (6 sont utilitaires, 5 sont de type “stretch”, auxquels on ajoute 7 différents types de boutonnières et 207 motifs décoratifs). De quoi laisser libre court à votre imagination. Et ces coutures sont très bien exécutées par la machine, et bien régulières. Le tout avec un niveau sonore très bas – c’est un peu la valeur ajoutée des machines Singer en général. De très nombreux accessoires sont livrés avec la machine comme 6 pieds de base, ou encore des bobines et des aiguilles. Contrairement au précédent modèle présenté, elle peut prendre en charge tous types de tissus, y compris le cuir ou les matériaux épais sur plusieurs couches.


Singer 9960 : la meilleure haut de gamme

Enfin, pour les couturier(e)s invétéré(e)s, la SINGER 9960 vous comblera de bonheur lors de vos séances de coutures et de créations. Si ce n’est son coût (environ 500€), il n’y a pratiquement rien à reprocher à cette machine. Elle embarque des fonctionnalités normalement réservées à des machines pro à plus de 1000€, le rapport qualité-prix est donc indéniable. Si vous en avez les moyens, c’est LA meilleure machine à coudre à choisir. Qu’a t-elle donc dans le ventre ? Avec 600 coutures pré-paramétrées dont 13 boutonnières, elle offre une liberté de création inégalée. Ses performances de couture sont sans doute son principal atout ; facile à utiliser, cette jolie machine s’adresse autant aux professionnels avertis qu’aux amateurs.


Les conseils débutants de Dodynette créatrice couture


Pour bien démarrer dans votre nouvelle aventure couture, nous sommes allés demander quelques conseils à Dodynette, créatrice sur Makerist.fr.

Un conseil pour les débutants qui se lancent en couture?
Le plus difficile quand on commence est de se lancer. Pour vos premières réalisations, privilégiez les tissus en coton, ils sont plus faciles à coudre et vous permettront de vous faire la main. Gardez une chose en tête : c’est en faisant que l’on apprend, alors pas de panique si vos ouvrages ne sont pas parfaits dès le début ! L’important est de se faire plaisir, et surtout d’oser coudre ce qui vous fait envie !

Ton accessoire fétiche?
Le pied double entrainement sans hésiter ! Il est juste magique pour coudre les tissus épais comme très fins. Je ne peux plus m’en passer.

Une idée de premier projet?
Comme premier projet je vous conseille une fois encore un ouvrage en coton. L’un de mes patrons fétiches est celui du vide-poche réversible, disponible sur Makerist . Il est idéal pour les débutants et super pratique une fois réalisé (photo ci-dessous) !

Alors, vous avez trouvé votre bonheur ? Il ne vous reste plus qu’à faire votre choix et vous serez bien équipé(e) pour laisser votre âme de créateur s’exprimer pleinement !

Interview de Petit Patron – « La couture permet de s’approprier à 100% un patron et ainsi de se rendre unique »

Cette interview a été réalisée pour la journée des droits des femmes, nous avons donc orienté nos questions de manière à mettre en lumière l’entrepreneuriat féminin et permettre à nos créatrices de s’exprimer sur le féminisme.

Retrouvez le profil créatrice de Petit Patron par ici

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots : votre parcours, vos débuts, votre évolution en tant que créatrice…

Hello, je suis Margaux Faes, styliste-modéliste de formation. Après avoir étudié ce double métier durant 3 ans, j’ai travaillé dans le milieu de la mode et rapidement j’ai eu envie de m’en éloigner pour me consacrer d’abord à mon blog Couture Débutant puis à ma marque de patrons de couture Petit Patron. Je couds depuis l’âge de 7 ans. J’ai tout de suite adoré ça et c’était donc une évidence pour moi de faire de la mode.
Il y a 4 ans, j’ai lancé mon blog car durant mes cours de couture je remarquais qu’on me posait sans arrêt les mêmes questions. Je trouvais dommage que les bases ne soient pas clairement posées. J’ai adoré et très vite ça m’a énormément occupée. Je me suis donc lancée dans un projet que j’avais en tête depuis 3 ans : lancer une marque de patrons de couture.
Une fois que je me suis lancée, je n’ai pas regretté. J’adore me lever chaque matin et aller au bureau en sachant que je vais faire ce que j’aime (bon il y a aussi l’administratif qui prend un temps fou mais tout ne peut pas être parfait). Je prends un plaisir énorme à créer les prochains patrons. Depuis 1 an, Florence m’assiste sur administratif. Nous nous sommes connues sur un groupe de couture, elle tient elle aussi un blog couture, cafeinate.com, et je suis hyper heureuse de l’avoir à mes côtés. Depuis juin, c’est Noémie Veinman qui m’a rejoint. Elle travaille avec moi sur le modélisme, le développement d’une marque prend énormément de temps et je ne pouvais plus tout faire seule. Je la connais depuis presque 10 ans, nous avons étudié ensemble et j’ai une grande confiance en elle. Je me sens chanceuse de l’avoir à mes côtés.

La couture est-elle votre activité principale ?

Oui, je me consacre à temps plein à Petit Patron et mes blogs de couture et de voyage depuis 3 ans.

Nous recueillons votre témoignage à l’occasion du 8 mars et de la journée des droits des femmes. Le féminisme, c’est quoi pour vous?

Un grand débat. Nous avons tous notre vision du féminisme et je pense que tout le monde a raison. Pour ma part, je défends sincèrement l’égalité homme-femme. Je pense qu’il n’y a pas de différence et que nous sommes tous capable de faire chaque activité existante sur cette terre. Je crois sincèrement que nous pouvons évoluer ensemble. En tant que jeune femme entrepreneuse, je constate que c’est encore difficile mais le chemin avance et c’est important de souligner cela.

Quel est le lien pour vous entre le féminisme et le monde de la mode ?

Partout où il y a des femmes, il y a du féminisme possible et à faire.

Comment la couture peut-elle faire évoluer la façon dont les femmes sont représentées, notamment au travers d’une mode différente, plus inclusive ?

Je constate que beaucoup de femmes se mettent à la couture car elles ne trouvent pas leur bonheur en magasin. Cela peut être un souci de taille ou de style. La couture permet de s’approprier à 100% un patron, de l’adapter à son corps unique et ainsi de se rendre unique et surtout se rappeler à elle même qu’elle est belle. Le monde du prêt-à-porter commence, certes doucement, mais commence à s’ouvrir et représenter toutes les femmes. La dernière campagne de Monki en est une preuve. Dans la couture, ça va plus vite car nous sommes plus nombreux à coudre pour se réapproprier le vêtement.

Une des photos faisant la promotion des patrons Marcus et Paola

Vous avez récemment été victime de censure sur Instagram, suite à la publication d’une photo sur laquelle posaient des femmes pour présenter vos nouveaux patrons lingerie. Pouvez-vous partager votre ressenti avec nous ?

Nous avons d’abord été choquées de voir une seule photo supprimée sur une série. Nous avons eu du mal à accepter cela. Je n’étais pas d’accord avec cette suppression que j’ai considéré comme injuste puisque de nombreuses photos dans le même esprit restent sur le réseau sans soucis.
A partir du moment où j’ai refusé cette décision, je me devais de la défendre. Au moment où je réponds à vos questions, je viens juste d’apprendre que la photo est revenue et Instagram m’a annoncé avoir reconnu que c’était une “erreur” de la supprimer.
Je suis profondément touchée par le soutien de ma communauté et bien plus encore. Voir des humoristes comme Tristan Lopin ou encore d’autres marques de patrons comme Vanessa Pouzet nous soutenir nous a réellement touchées. Cependant, durant plus de 5 jours nous n’avons pas dormi, rongées par cette histoire, nous avons dû gérer une déferlante de commentaires adorables comme odieux. Nous avons fait face à des critiques que nous imaginions ne jamais avoir. A l’heure où j’écris nous sommes épuisées par cette histoire. Nous sommes aussi rassurées de voir cette photo revenue, cela était primordial pour nous, nous ne comprenions pas pourquoi seule notre modèle taille 54 se voyait censuré.

Margaux dans son atelier

Qu’est-ce qui est important pour vous lorsque vous imaginez un patron qui sera destiné à être porté par une femme ?

Pour moi comme pour mon équipe, le plus important est de penser confort et style. Nous ne voulons pas dissocier les deux. Nous essayons de faire des modèles qui nous plaisent mais aussi et surtout qui soient agréables à porter. Nous sommes persuadées que lorsque nous sommes bien dans un vêtement, nous nous sentons beaux ou belles et c’est une priorité. Cela nous demande beaucoup de patience car nous faisons énormément d’essayage, en moyenne 10 par modèle avant de le finir car nous le faisons essayer toutes les 2 à 3 tailles, cela nous permet d’ajuster un peu plus au fur et à mesure de notre gradation.

Qu’est-ce qui vous met le plus au défi tous les jours, tant en tant que femme ou créatrice ?

Question terriblement difficile ! Je pense que le plus difficile est d’obtenir le respect avant, sans devoir le prouver. Quand je me présente en tant que créatrice/entrepreneuse, je sens que je vais devoir justifier ma situation pour que l’on me prenne au sérieux. Être une femme, seule, à la tête d’une entreprise est parfois difficile à concevoir pour certains. Il faut sans arrêt expliquer son histoire et prouver que, oui, je fais des patrons de couture, que c’est un métier, que j’en tire un salaire et que j’ai une équipe qui travaille avec moi.

Une personnalité féminine, un livre ou autre inspiration qui vous inspire particulièrement ?

Le compte Instagram @phraseassassines créé par mon amie Vanessa Pouzet. Elle met en lumière les petites phrases du quotidien que nos proches nous font et qui nous détruisent. Quand un inconnu se montre irrespectueux cela est évident que ce n’est pas normal mais lorsqu’un proche se permet une petite réflexion on nous dit que nous sommes susceptibles. Et pourtant, ce sont ces petites phrases du quotidien qui nous détruisent le plus parce qu’elles sortent de la bouche d’un proche en qui on a confiance. Quand le projet est arrivé, j’ai partagé mes souvenirs douloureux et cela m’a fait du bien. Je trouve la démarche importante car elle met la lumière sur ce qu’on “ne devrait pas trop dire parce que tu comprends c’est un proche” et c’est important de dénoncer tout ce qui fait du mal.

Quelque chose à ajouter, un message à faire passer ?

Merci de prendre ce temps pour mettre en lumière les femmes qui entreprennent.

Retrouvez le profil créatrice de Petit Patron par ici

Interview d’Al Stitches – « Dès que je peux, je m’évade grâce à la broderie »

Cette interview a été réalisée pour la journée des droits des femmes, nous avons donc orienté nos questions de manière à mettre en lumière l’entrepreneuriat féminin et permettre à nos créatrices de s’exprimer sur le féminisme.

Retrouvez le profil créatrice d’Al Stitches par ici

Bonjour, merci d’avoir accepté notre interview ! Pouvez-vous vous décrire en quelques phrases, ainsi que votre parcours, votre évolution en tant que créatrice…

J’ai toujours été bercée par la broderie car je suis très proche de ma grand-mère dont c’est la passion. Il y a un peu plus d’un an, j’ai voulu “faire quelque chose de mes mains”, quitter un peu les écrans, retrouver la créativité que j’avais quand j’étais enfant… Je me suis procurée un kit pour débutant et depuis je ne me suis jamais arrêtée !

Qu’est-ce que la broderie pour vous ? Un passe-temps ? Votre activité principale ?

Un passe-temps auquel je consacre énormément de temps ! Dès que je peux, je m’évade grâce à la broderie. J’en aime le côté “libre” : on peut en faire partout, n’importe quand, on peut quand même suivre une conversation ou un film en même temps, on peut quasiment tout réaliser… J’en aime aussi la rigueur, on parle bien d’un “travail”. Je ne suis pas du tout patiente et pourtant je peux y passer des heures sans m’en rendre compte.

Comment définiriez-vous votre style de broderie ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je n’ai pas vraiment de style à vrai dire. Je ne me considère pas vraiment comme une artiste mais plutôt une réalisatrice. J’aime tous les styles, j’aime explorer différents thèmes, différentes façons de faire… alors ça fait un joli méli-mélo !
J’adore les fleurs, j’adore broder ce que je trouve beau tout simplement. Un papillon, une rose, une phrase inspirante…

Combien de temps cela vous prend-il de créer un motif ?

Pas longtemps en soit, selon le modèle entre une heure et trois heures pour le dessin, puis entre 3 jours et 3 semaines pour la réalisation. Ce qui me prend le plus de temps (hors réalisation) est de concevoir l’idée et  de choisir des couleurs !

Les modèles Woman Power d’Al Stitches

A l’occasion du 8 mars, vous partagez avec nous des motifs broderie woman power que vous avez créé. Parlez-nous de ce(s) modèle(s) : quel est le message derrière celui/ceux-ci ?

Ma première broderie est inspirée d’une affiche que j’avais vu il y a quelques temps : il y était simplement inscrit le nom de plusieurs grandes femmes de l’histoire. J’avais trouvé ça fort de simplicité et pourtant : sans ces femmes, nos vies ne seraient très certainement pas les mêmes. C’était important pour moi de les mettre en avant car on a souvent tendance à oublier que sans elles on ne pourrait peut-être pas porter un jean, avoir le choix d’interrompre une grossesse non-désirée, on ne pourrait même peut être pas s’instruire… J’ai donc choisi les prénoms des femmes qui m’inspirent et qui font, ou ont fait, énormément pour nous ou pour les femmes de leurs pays.

Qu’est-ce que le féminisme pour vous et comment se répercute t-il sur votre créativité et votre quotidien, votre travail, votre vie personnelle…?

Pour moi le féminisme c’est avant tout avoir des droits qui me semblent basiques : le droit à l’éducation, le droit de se marier avec qui on veut et surtout quand on le veut, le droit d’être en sécurité, le droit d’être libre et égales (entre nous, mais surtout aux hommes).  
Je m’offusque et abhorre toutes formes de violences faites aux femmes. Je ne supporte ni les injustices ni les extrémismes.
En choisissant de broder trois mannequins de vêtements de tailles différentes, accompagnés du mot “whatever” je veux faire passer le message suivant : peu importe qu’on fasse un bon 46 ou un 34 tant qu’on se sent bien dans ses fringues (et dans ses baskets !) mais surtout sa tête.

En quoi la broderie (et la créativité en général) peut-elle être envisagée comme un moyen de faire passer des messages engagés et faire circuler des idées ?

L’art sous toutes ses formes a toujours été le meilleur vecteur de communication. J’imagine qu’il a tendance à interpeller plus mais aussi à toucher au plus profond et ce au travers de chaque époque. Pour la broderie, c’est dur à dire mais je trouve que cet art a longtemps été réservé aux femmes dans un contexte très “maisonnier”. Elles brodaient des trousses, des vêtements pour toute la famille, des tapisseries pour les plus riches, elles reprisaient… je trouve ça génial de “casser” cette impression tout en gardant ces techniques.

Quels impacts positifs et négatifs les réseaux sociaux peuvent avoir dans la représentation des femmes (dans l’art, la mode, le monde du travail…) ?

On l’a tous vu : les réseaux sociaux ont autorisé les femmes à s’exprimer librement grâce au mouvement #balancetonporc. C’est un formidable moyen de faire passer ses messages et je pense que la barrière digitale permet d’oser dire des choses qu’on ne dirait pas dans “la vraie vie”. Cela a également pu permettre aux femmes de se rendre compte qu’elles n’étaient pas seules face à leurs combats ou juste à leurs soucis du quotidien.
Ils nous permettent également d’être mieux informées, de faire passer nos messages plus rapidement, d’alerter… Ca c’est pour le côté positif. Pour le côté négatif… je pense que c’est comme tout : il faut faire attention à la désinformation et qui dit plus de liberté et plus de contacts, dit également plus d’exposition aux critiques.

Qu’est-ce qui vous met le plus au défi tous les jours, autant en tant que femme que créatrice ?

J’ai la chance d’être privilégiée : j’ai grandi en France, dans un pays où même s’il y a évidemment encore des injustices on a de nombreux droits que certaines femmes du monde n’ont pas. Je me concentre plutôt sur ces lieux là, les pays où les filles ne vont pas à l’école, où elles sont mariées encore enfants, où elles ne peuvent être libres… c’est ce qui me touche le plus.

Une personnalité féminine, une oeuvre (ou autre) qui vous inspire particulièrement ?

Rosa, Frida, Simone ( les deux !) et Malala évidemment !
Toutes pour leurs combats essentiels. Je vais choisir ici de parler de Malala Yousafzai. Cette jeune pakistanaise de 21 ans a obtenu – entre autres – le Prix Nobel de la Paix ( à l’âge de 17 ans !) et le Prix Simone de Beauvoir pour ses nombreux combats dont celui pour l’éducation des filles. C’est à son association que je souhaite reverser chaque centimes que les ventes de mes modèles “Rosa and cie” et “Whatever” rapporteront. C’est une association à but non lucratif qui aide à la scolarisation des jeunes filles.

Quelque chose à ajouter, un message à faire passer ?

Quelques chiffres qui font réfléchir.

2/3 des 774 millions d’analphabètes sont des femmes.
15 millions de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18ans.
130 millions de filles ont subi une mutilation / ablation génitale.

Et le mot de la fin : merci Makerist pour ce beau projet si important !

Retrouvez les modèles de broderie d’Al Stitches par ici


Interview d’Itchy Stitchin : « J’aime inclure des références aux années 80/90 dans mes broderies »

Cette interview a été réalisée pour la journée des droits des femmes, nous avons donc orienté nos questions de manière à mettre en lumière l’entrepreneuriat féminin et permettre à nos créatrices de s’exprimer sur le féminisme.

Retrouvez le profil créatrice d’Itchy Stitchin par ici

Bonjour, merci d’avoir accepté notre interview ! Pouvez-vous vous décrire en quelques phrases, ainsi que votre parcours, votre évolution en tant que créatrice…

Je m’appelle Claire et j’habite à Paris depuis plusieurs années. Brodeuse n’est pas ma profession, cela reste un passe-temps qui me permet d’exprimer ma créativité. Plus jeune j’ai testé la couture et le tricot et je me suis mise à la broderie il y a 1 an un peu par hasard. J’ai appris toute seule puis on m’a poussée à partager mon travail sur internet.

Qu’est-ce que la broderie pour vous ? Un passe temps ? Votre activité principale ?

La broderie est un passe temps, un moyen de me vider la tête et de me détendre après mon travail.

Comment définiriez vous votre style de broderie ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je brode ce qui me passe par la tête, selon l’inspiration du moment. Ça va de citations ou paroles que j’aime, aux références de la pop culture qui ont marqué mon enfance jusqu’à des motifs divers que j’aime pour leur graphisme ou leurs couleurs.

Combien de temps cela vous prend-il de créer un motif ?

Entre 1h et 4h selon la taille et la complexité du motif.

Modèle de broderie « Fight like a girl »

A l’occasion du 8 mars, vous partagez avec nous un motif broderie Woman Power que vous avez créé. Parlez-nous de ce modèle : quel est le message derrière celui-ci ?

Fight like a girl est slogan que j’avais déjà décliné avec un motif de gants de boxe. Lors de la journée Nous Toutes du 24 novembre j’ai voulu le rendre plus voyant et j’ai choisi une typographie rappelant celle de Dirty Dancing. J’utilise souvent des références aux années 80/90 dans mes broderies et je trouve que cette typo en rouge donne une dynamique au message. Cet événement féministe m’a inspirée et je trouve intéressant de pouvoir véhiculer un message sur cette cause qui me tient à cœur à travers certaines de mes créations.

Qu’est-ce que le féminisme pour vous et comment se répercute t-il sur votre créativité et votre quotidien, votre travail, votre vie personnelle…?

Au quotidien je lis beaucoup de livres sur le féminisme, j’écoute aussi beaucoup de podcasts en brodant. Dans mon travail j’essaye toujours de faire attention aux constructions sociales que j’ai intégrées et de les déconstruire en me posant les bonnes questions. C’est évidemment un questionnement que j’ai aussi au quotidien.

En quoi la broderie (et la créativité en général) peut-elle être envisagée comme un moyen de faire passer des messages engagés et faire circuler des idées ?

S’approprier la broderie comme médium féministe est très intéressant, la broderie étant par essence une activité de femme au foyer. Détourner cette activité à des fins militantes peut être percutant et j’aime l’idée d’utiliser la broderie, délicate et subtile pour exprimer des messages engagés et percutants, souvent réservés aux hommes.

Quels impacts positifs et négatifs les réseaux sociaux peuvent avoir dans la représentation des femmes (dans l’art, la mode, le monde du travail…) ?

L’image de la femme par le prisme des réseaux sociaux est bien trop normée et soumet les femmes à un modèle très caricatural. L’image de la femme dans l’art ou la mode est heureusement en train de changer, doucement mais sûrement.

Qu’est-ce qui vous met le plus au défi tous les jours, autant en tant que femme que créatrice ?

En tant que femme, de toujours avoir à faire ses preuves et de combattre les préjugés. En tant que créatrice je n’ai pas encore rencontré de problème, la broderie demeurant un monde très féminin, girls support girls!

Une personnalité féminine, une oeuvre (ou autre) qui vous inspire particulièrement?

Énormément d’autrices de livres et de BD: Liv Stromquist, Emma Chollet, Mirion Malle, Penelope Bagieu, Virginie Despentes, Maya Angelou… Mais également des podcasts: Les couilles sur la table, Miroirs, Un podcast à soi, La poudre …

Retrouvez les modèles de Itchy Stitchin par ici

Atelier crochet nous explique comment créer un tutoriel au crochet

Mais en fait, comment se déroule la création d’un patron ? On l’oublie souvent, mais derrière nos modèles préférés, ce sont bien souvent des heures de réflexion et de travail qui ont été investies ! Du choix des couleurs et des matières à la conception du tutoriel, pas de place à l’approximation ! Pour un résultat impeccable, rigueur et passion sont de mise.

Pour en savoir un peu plus sur les différentes étapes nécessaires à la création d’un modèle, nous avons interrogé Atelier Crochet, créatrice de patrons pour poupées.

1. L’idée et le choix du matériel :

« L’idée de base d’un patron provient souvent de sources très diverses. Cela peut être la saison, les événements comme Noël, Pâques, la coupe du monde, un vêtement aperçu dans une vitrine, une couleur à la mode… Il n’y a pas de règle ! Une fois que j’ai l’idée en tête, il me faut ensuite trouver pour quelle poupée je vais travailler, je possède beaucoup de différentes, mais je travaille souvent avec les mêmes, soit des modèles d’environ 32-34 cm (Paola Reina, Chéries de Corolle, Little Darling, Minouche, Mini Maru) ou bien des poupées Barbie.

Le patron dont je vais vous parler aujourd’hui m’a été demandé par une cliente qui souhaitait une robe évasée et une veste pour une poupée mannequin.

Le choix du matériel, quant à lui, dépend bien sûr de la saison (laine en automne et hiver, coton au printemps et en été) mais aussi de la taille de la poupée (fil plus ou moins gros). Le choix des couleurs est également très important : par exemple, le bleu ou le rose ira mieux aux poupées blondes ou brunes, le vert aux rousses, et ainsi de suite.
Cette étape étant déterminante, j’y consacre en moyenne un bon quart d’heure. Pour Zéléna, j’ai simplement choisi ma couleur préférée dans deux teintes, il se trouve que c’est aussi une couleur très « Barbie », cela tombe bien…

2. La réalisation du modèle

Je travaille toujours de la même façon avec la poupée qui me sert de mannequin. Je m’équipe pour cela de mon cahier, de mon crayon à papier, mon crochet et mes pelotes.

Je note ainsi le détail de chaque rang, en essayant sur la poupée pour vérifier que la tenue lui aille, que l’effet rendu soit celui que je souhaite ou que le résultat me convienne. Il arrive souvent que mon idée de départ évolue au fur et à mesure de la réalisation ! Selon le modèle et la taille de la poupée, le temps consacré à la réalisation de l’ouvrage est assez variable. Pour le modèle Zéléna, cela m’a pris environ 4h 30.

3. Les photos

Une fois le modèle terminé, je réalise des photos pour présenter ma création. J’utilise pour cela ce que j’appelle un « mini appartement » ! Ce dernier me permet d’avoir un décor similaire dans la plupart de mes patrons avec des meubles et accessoires divers. Certains sont des vrais meubles de poupées, d’autres sont des objets détournés (le canapé est en fait une boite à bijoux). Voici donc « l’envers du décor » !

Patron de la tenue "Zéléna" pour poupée barbie

Une fois les photos prises, il faut les recadrer, les optimiser, faire les montages…. J’y consacre en général environ 45 minutes quelque soit le modèle.

4. La rédaction

Je rédige toujours le patron à l’aide de mon cahier de notes, avec mon modèle à proximité. Cela me permet de vérifier la tenue en cas de doute sur mes notes. J’essaie toujours d’y expliquer le plus simplement possible comment réaliser mon modèle, en ajoutant des photos pour illustrer chaque détail. Je m’appuie ainsi parfois sur des photos montrant comment réaliser un point, ou des schémas.

Pour la tenue Zéléna, j’ai ajouté des photos illustrant la réalisation de la bordure. Au total, la rédaction du modèle Zéléna m’a pris environ une heure.

5. Le test et les corrections

Une fois la rédaction du patron terminée, celui-ci est envoyé à une ou plusieurs testeuses selon le modèle. Il s’agit pour elle(s) de réaliser le modèle, de m’indiquer si mes explications sont claires, s’il y a des erreurs…

Dès qu’une testeuse me retourne le patron, j’y apporte des modifications. Il m’arrive alors de reformuler certains passages, mais la plupart du temps les corrections correspondent à des erreurs de saisie (le copier coller est un gain de temps, mais c’est aussi une source importante d’erreurs…)

Pour le modèle Zéléna, j’ai corrigé deux erreurs et reformulé un rang, le temps passé a été d’environ 15 minutes.

6. La mise en ligne

Il s’agit de la dernière étape et non des moindres, puisqu’elle consiste à présenter mon patron pour le vendre ! J’y consacre un temps variable selon les sites sur lesquels je propose mes modèles. Sur Makerist la mise en ligne prend environ 10 minutes. »

Vous aimez le patron « Zéléna » ? Il est disponible juste ici

Découvrez les modèles d’atelier crochet avec le code promo « ZELENA19 »

Des femmes et du fil : broderie engagée et entrepreneuriat féminin

Le DIY, univers dont la communauté est à dominante féminine, est le cœur de métier de Makerist. Créatrices ou clientes, tous les jours de nombreuses femmes achètent ou vendent  sur notre plateforme des cours et des patrons de couture, tricot, crochet et broderie. Notre équipe, majoritairement féminine elle aussi, travaille avec passion depuis ses bureaux à Berlin, ville qui vient d’ailleurs de faire de la journée du 8 mars un jour férié. Alors, aujourd’hui comme tous les autres jours, la cause des femmes résonne dans notre vie professionnelle mais aussi personnelle, une fois hors des bureaux. Le 8 mars est surtout une opportunité de mettre encore plus en exergue la parole féminine – celle des créatrices, clientes et de toutes les autres femmes, avec du fil ou avec des mots.

Broder le féminisme

Pour faire passer des messages engagés en toute créativité, la broderie s’y prête complètement. A l’origine, la broderie était une activité pratiquée dans un contexte très maisonnier par des femmes  au foyer, “qui brodaient des trousses, des vêtements pour toute la famille, et des  tapisseries pour les plus riches” comme l’explique Al Stitches, créatrice broderie sur Makerist. De plus en plus de brodeuses réalisent des créations d’inspiration féministe et utilisent tambour et fil comme un médium de soutien, d’engagement et de solidarité.

“S’approprier la broderie comme médium féministe est très intéressant, la broderie étant par essence une activité de femme au foyer. Détourner cette activité à des fins militantes peut-être percutant et j’aime l‘idée d’utiliser la broderie, délicate et subtile pour exprimer des messages engagés et percutants.”  Itchy Stitchin

Retrouvez son interview complète ici


Trois modèles de broderie Woman Power

Deux créatrices broderie, Al Stitches et Itchy Stitchin, vous présentent leurs modèles à l’occasion de la journée des droits des femmes et vous racontent ce qui les ont inspirées.

1. « Fight like a girl », Itchy Stitchin

Le modèle « Fight like a girl » par ici

À l’origine, ce motif à été créé par Claire à l’occasion de la journée Nous Toutes du 24 novembre.

J’ai choisi une typographie rappelant celle de Dirty Dancing. J’utilise souvent des références aux années 80/90 dans mes broderies et je trouve que cette typo en rouge donne une dynamique au message. Cet événement féministe m’a inspirée et je trouve intéressant de pouvoir véhiculer un message sur cette cause qui me tient à  cœur à travers certaines de mes créations.” – Claire, Itchy Stitchin

2. « Malala and cie », par Al Stitches

Le modèle « Malala and cie » par ici

Cette broderie est inspirée  d’une affiche que j’avais vu il y à quelques temps : il y était simplement inscrit le nom de plusieurs grandes femmes de l’histoire. J’avais trouvé ça fort de simplicité et pourtant sans ces femmes, nos vies ne seraient très certainement pas les mêmes. […] J’ai donc choisi les prénoms des femmes qui m’inspirent et qui font, ou ont fait, énormément pour nous ou pour les femmes de leur pays.” – Angelina, Al Stitches

Les fonds récoltés par la créatrice grâce aux ventes de ce modèle seront reversés à l’association de Malala Yousafzai, pour aider la scolarisation des jeunes filles.

3. « Whatever », Al Stitches

Le modèle « Whatever » par ici

Pour moi, le woman power passe beaucoup par le physique et par l’estime que l’on a de soi. La société  et les marques nous disent comment être physiquement , mentalement… En choisissant de broder trois mannequins de vêtements de tailles différentes, accompagnés du mot “whatever” je veux faire passer le message suivant : peu importe qu’on fasse un bon 46 ou un 34 tant qu’on se sent bien dans des fringues (et dans ses baskets!) mais surtout dans sa tête).” – Angelina, Al Stitches

Retrouvez son interview complète ici

Les fonds récoltés par la créatrice grâce aux ventes de ce modèle seront reversés à l’association de Malala Yousafzai, pour aider la scolarisation des jeunes filles.

Réseaux sociaux, mode… des représentations peu inclusives

Angelina et Claire sont des créatrices broderie fraîchement arrivées sur Makerist ; c’est grâce à Instagram qu’on les a remarquées.  Ce qui est bien avec Instagram, c’est qu’on commence à y trouver autre chose que des photos de nourriture et de mannequins Victoria Secret. En plus d’être un vivier de comptes artistiques, le réseau a récemment vu déferler une vague de comptes dédiés à la cause des femmes, pour leur apporter du soutien et briser les tabous. Des comptes comme :

@phrasesassassines, @les_glorieuses, @girlgaze, @limportante.fr, @quoidemeuf, @dans_la_bouche_dune_fille, @coupdesang, @taspensea

permettent d’apporter du soutien aux femmes, amplifier leur voix, s’opposer aux conventions et briser les tabous.

Malheureusement, Instagram se fait aussi le relais désespérant de représentations féminines peu inclusives et discriminatoires,  à l’instar du monde de la mode (aussi bien haute-couture que fast-fashion). La récente mésaventure de Petit Patron, une créatrice de couture phare sur Makerist en est un parfait exemple : elle a récemment été censurée par Instagram. Plusieurs publications, où posaient en photo plusieurs femmes de différentes tailles et morphologies, faisaient la promotion de Marcus et Paola, nouveaux patrons lingerie de Petit Patron. La photo qui a posé problème est celle où pose Noémie, modèle de taille 54 qui cache sa poitrine avec ses mains.

Photo pour la promotion des patrons Marcus et Paola

« Pornographie », c’est la raison qui a été invoquée par Instagram pour expliquer la censure de la publication de Petit Patron. Or, celle-ci n’avait rien de choquant ni de suggestif ; elle montrait simplement des femmes en lingerie faisant la promotion de produits. Beaucoup de photos du même genre circulent sur le réseau social et ne sont pourtant pas sanctionnées. Seulement, sur les réseaux sociaux, dans le milieu de la mode et dans encore beaucoup de mentalités, la beauté féminine est très normée. En plus d’être systématiquement sexualisés, les corps féminins ne sont pas tous mis sur la même échelle : un corps de femme qui ne fait pas une taille 34/36 est souvent considéré comme offensant et ciblé par les critiques. Après une vague de protestations et de soutien, Instagram a remis la photo en ligne.

Alors, ne baissons pas les bras : la couture permet de lutter contre ces critères de beauté peu inclusifs et le diktat de la mode, en créant des vêtements qui s’adaptent aux femmes ; aux besoins et au style de chacune.

La couture permet de s’approprier à 100% un patron, de l’adapter à son corps unique et ainsi de se rendre unique et surtout se  rappeler à elle même qu’elle est belle. » – Petit Patron

Retrouvez l’interview complète de Petit Patron ici

Chapeau bas pour toutes les femmes qui, au quotidien voient leur légitimité remise en question, sont confrontées à toujours plus de normes de beauté, sont contraintes de prouver sans relâche qu’elles sont tout aussi capables de réussir et d’entreprendre que les hommes…  Ce sont ces créatrices talentueuses et ces femmes créatives qui font vivre Makerist ; de véritables entrepreneuses qui viennent narguer ces idées étriquées et discriminantes.

“Je pense que le plus difficile est d’obtenir le respect sans devoir le prouver. Quand je me présente en tant que créatrice/entrepreneuse, je sens que je vais devoir justifier ma situation pour que l’on me prenne au sérieux.” – Petit Patron

Retrouvez l’interview complète de Petit Patron ici

Continuez à entreprendre en créant vos patrons, aimez-vous telle/tel que vous êtes en cousant des vêtements qui vous font plaisir, révoltez-vous en brodant le féminisme sur vos vêtements… d’une manière ou d’une autre, les aiguilles sont une arme formidable !

De quoi ravir vos oreilles pendant que vos mains s’activent

Si vous aimez profiter de vos instants DIY des podcasts, en voici une petite sélection, pour de l’écoute passive en plein dans le thème !


L'atelier de Mathilde

Interview d’Atelier Maelström : « Expliquer, transmettre est un vrai métier ! »

Bonjour, merci d’avoir accepté notre interview ! Tout d’abord, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours en dehors et dans le monde de la couture ? Comment en es-tu venue à réaliser et vendre tes propres patrons ?

Bonjour ! Pour commencer, je m’appelle Mathilde, j’ai 27 ans et je suis originaire de Lyon, cette ville magnifique où les soyeux ont marqué l’histoire du textile. C’est ici que j’ai étudié durant 3 ans à ESMOD, me formant au double diplôme de styliste/modéliste dans le secteur prêt-à-porter féminin haut de gamme.

Au sortir de mes études, je décide de découvrir un secteur tout autre, la lingerie ! Et c’est chez Maison Lejaby (marque de lingerie et balnéaire haut de gamme), que j’apprends le métier de la lingerie durant 5 ans. Les dentelles de Calais, les broderies et les guipures Suisses et Autrichiennes flirtaient avec mon quotidien. En 2018, je décide de changer de secteur et de découvrir un monde inconnu jusqu’à présent : la maroquinerie de luxe. Je trouve cette expérience enrichissante, un recommencement à zéro, l’apprentissage d’un nouveau métier. La vie est trop courte pour rester dans une routine quotidienne non ? Mais une chose me manquait au quotidien : le travail de modéliste. Voila comment j’en suis venue à proposer mes propres patrons.

La création de patrons/tutoriels est-elle ton activité principale ?

Non, ce n’est pas mon activité principale, c’est plutôt ce que je qualifierais de passe temps prenant Pour moi, l’essentiel est de pouvoir partager ma passion avec d’autres passionné(e)s qui n’ont pas eu la chance d’étudier les méthodes de patronage. Les revenus de mes ventes servent à m’acheter de nouveaux tissus pour photographier de nouvelles créations

D’où vient ton nom de créatrice « Atelier Maelström » ?

Le nom Atelier Maelström vient de ma collection de fin d’étude. Je travaillais autour des océans, de leurs richesses, de l’onirisme que ceux-ci peuvent cacher. Mais savez vous d’ailleurs ce qu’est un maelström ? Pour la petite définition, un maelström est un courant marin formant un tourbillon, engloutissant les bateaux des pirates dans les profondeurs ! Un peu comme quand on vide sa baignoire et qu’on redoute de se faire aspirer !

Patron de couture robe paresse
Patron de la robe « Paresse » par Atelier Maelström

Comment t’organises-tu pour réaliser un patron ? Où trouves-tu l’inspiration ?

Pour réaliser un patron, toujours le même schéma :

1/ L’idée naît toujours d’une frustration que beaucoup de femmes connaissent : ne pas trouver dans le commerce la pièce vestimentaire qui leur correspond ! J’échange aussi avec ma meilleure amie indienne, qui a fait la même école que moi. Je communique avec elle en crayonnant mes idées sur papier, j’épingle des chutes de tissus, et des détails vus sur des tableaux, ou des défilés. Une sorte de page d’ambiance qui nous parle beaucoup plus que des mots. De ces échanges naissent d’autres idées. Un brainstorming passionnant.

2/ Puis vient le moment de faire une toile, de revoir les proportions/longueurs/volumes, et de chercher des finitions originales.

3/ Une fois le patron finalisé, quelques heures de récréation s’offrent à moi : il faut réaliser le vêtement rêvé dans un joli tissu ! Un régal !

4/ Je m’atèle ensuite au dossier explicatif. C’est un moment clé qui prend beaucoup de temps. Il faut penser à chaque détail, chaque astuce, pour que la couturière qui l’achètera puisse réaliser sans souci le vêtement. Ce n’est pas une mince affaire ! Faire c’est facile, mais expliquer, transmettre est un vrai métier ! Pas de place à l’approximation ou au flou artistique.

5/ Enfin, je soumets mon patron à plusieurs testeuses, allant de la taille 34 à 46. J’attends beaucoup de leurs retours, diverses remarques concernant aussi bien le look du vêtement, le fit, les explications du livret, les suggestions d’autres variantes, ou parfois les coquilles (oui cela arrive …).

Comment organises-tu ton temps entre la création de patrons et les tâches attenantes liés à la gestion d’une petite structure (communication, compta, relations clients, blog, réseaux sociaux…) ?

Pas simple d’être multi casquettes ! Nous avons tous nos points forts et points faibles. Je pense consacrer 80% de mon temps à la recherche et à la création, et les 20% restants aux taches annexes.

Quelles sont les tâches qui te mettent le plus au défi ? As-tu de l’aide ?

Le moins fun pour moi, c’est la partie qui concerne la numérisation des patrons. Heureusement que ma meilleure amie adore cela ! Nous sommes très complémentaires.

Comment décrirais-tu ton style ?

Voici comment je qualifierais l’ADN d’Atelier Maelström : Les patrons s’adressent à une femme féminine, qui aime les jolis détails et les finitions originales.

Patron de couture robe Envie
Patron de la robe « Envie » par Atelier Maelström

Quel est l’aspect que tu préfères dans ton activité créative ?

Ce que je préfère dans le développement des patrons, c’est le moment où je les soumets à un échantillon de testeuses. C’est un moment passionnant, qui permet d’échanger et de recevoir des critiques constructives visant à améliorer le dessin initial. Faire un patron qui nous plaît est une chose facile, mais la finalité est qu’il plaise au plus grand nombre, et l’échange avec mes testeuses est un moment crucial pour le bon développement du modèle.

Aurais-tu des conseils pour quelqu’un qui, comme toi, aimerait se lancer ? Des ressources qui t’inspirent, qui t’ont aidée (livres, blogs, personnalités…) ?

Même sans avoir eu la chance de faire une école de couture, tout le monde peut se former et se lancer ! Le modélisme s’apprend en pratiquant. C’est en lisant des livres techniques, en essayant, et en se trompant que l’on finit par comprendre comment un patron en 2D peut se transformer en vêtement 3D.

Et pour finir, quels sont tes prochains projets ?

Je travaille actuellement autour des 7 péchés capitaux. Chaque patron correspond à un péché de la couturière.

Paresse s’adresse à une couturière un peu feignante, qui veut coudre sans trop se casser la tête. Une couture rapide facile et sans besoin de savoir maîtriser de grandes finitions.

Envie s’adresse à une couturière un peu jalouse et envieuse. Qui veut elle aussi bluffer ses copines couturières en ayant simplement un niveau intermédiaire.

Le prochain patron sera Gourmandise, ou Colère, à vous de deviner qui il visera

Découvrir Atelier Maelström
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